24 mai 2005

le décalage complet entre les dirigeants et la base

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Par Thierry MASURE

PARIS, 24 mai 2005 (AFP) - Le député des Landes Henri Emmanuelli, l'un
des chefs de file du "non de gauche" à la Constitution européenne, a
conclu mardi à Paris son "tour de France des délocalisations" en
proposant un "plan d'intégration européenne" de 250 milliards d'euros
sur cinq ans pour "construire la prospérité" sur le Vieux continent.
"Au lieu de lâcher les salariés les uns contre les autres, au lieu
d'organiser le dumping fiscal et social" comme le fait, selon lui, le
traité constitutionnel européen soumis à référendum dimanche, "proposons
un plan d'intégration européenne pour tirer tout le monde vers le
haut!", a déclaré M. Emmanuelli dans une conférence de presse à
l'Assemblée nationale.
Il concluait sa tournée de 25 entreprises qui ont délocalisé leur
production hors de France ou menacent de le faire, entouré de leurs
représentants syndicaux (Sediver, Arkema, Nestlé, Lu-Danone,
Kardant-Lamort, etc.).
Tous ont exprimé leur espoir "que le non passe" dimanche au référendum.
L'ancien président de l'Assemblée nationale a suggéré un financement
"par emprunt, par déficit ou par l'impôt" d'un montant de "50 milliards
d'euros par an pendant cinq ans, soit 110 euros par tête d'habitant ou
encore 9,2 euros par habitant et par mois".
Ce plan serait "consacré prioritairement aux nouveaux pays" de l'UE, les
dix qui ont rejoint l'Union en 2004, pour qu'ils développent leurs
infrastructures et la recherche, et aurait "pour contrepartie négociée
un minimum d'harmonisation fiscale et sociale", a-t-il précisé.
M. Emmanuelli a rappelé que le traité interdisait "le déficit budgétaire
de l'Union, la levée de l'impôt, le recours à l'emprunt". Mais, a-t-il
dit, "ce traité ne va pas, je l'espère, être voté".
Aux "chicayas" entre le président français Jacques Chirac et le
chancelier Gerhard Schröder la semaine dernière à Nancy sur le budget
européen 2006-2012, le député des Landes a opposé "les 450 milliards de
déficit budgétaire américain, pour faire la guerre".
Il a critiqué "la campagne laide" des partisans, y compris socialistes,
du oui au traité constitutionnel, selon laquelle, a-t-il dit, "ceux qui
ne veulent pas partager avec les salariés des pays de l'Est seraient
xénophobes, ou au minimum égoïstes". Ceux-là, a-t-il déploré,
"confondent l'internationalisme avec la solidarité avec les
actionnaires".
Le chantre du non au traité a reconnu que "ce n'est pas le traité qui
est à l'origine des délocalisations", mais, a-t-il dit, ce texte "ne
donne pas les outils pour soigner le mal". "Je demande qu'on ait
simplement les mêmes armes que les Etats-Unis", a-t-il ajouté.
A l'argument selon lequel les syndicats européens sont pour le traité,
l'un des syndicalistes présents, Jean-Luc Mathieu (CFDT, Kardan-Lamort
en Haute-Marne) a opposé "le décalage complet entre les dirigeants et la
base". "Chez nous, au moins 80% des salariés vont voter non", a-t-il
dit.

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